Dans les coulisses du traitement médiatique du mouvement lycéen

Clémence Macé, Jeanne Olagne et Marieke Rolus

Création : Mayalen Labeguerie

Il fait nuit en région Parisienne, la ville dort encore à Créteil, ce 17 septembre dernier. Les éboueurs et les éboueuses profitent de nettoyer les rues désertes, les boulangeries sont sur le qui-vive, de tous les côtés de la ville les cloches s’apprêtent à sonner sept heures. Mais au lycée Saint-Exupéry, les élèves s’organisent, en soutien à leurs professeur·es grévistes qui réclament davantage de moyens. C’est le tout premier blocus, berceau du mouvement lycéen. Rares sont celles et ceux à se douter qu’il prendra une ampleur nationale, à partir du 28 septembre 2026, avec 180 lycées mobilisés dans toute la France. 

Alors que les étudiant·es d’universités ont rejoint le mouvement pour réclamer de meilleures conditions d’apprentissages, les médias n’ont pas tardé à s’emparer du sujet. Ce soir, à l’aube de l’appel à protester du 17 octobre, une partie des citoyen·nes se crispent, dénonçant un manque de considération médiatique. « L’état nous pisse dessus et les médias nous disent qu’il pleut » peut-on lire sur une pancarte, reprise de nombreuses fois au cours des manifestations ces dernières semaines, dont celle de Bordeaux le 8 octobre dernier. 

Lorsque les citoyen·nes remettent en cause les médias, pilier démocratique, il est crucial de se plonger dans l’envers du décor de l’information. À l’échelle locale et internationale, comment fonctionnent les rédactions lorsqu’une actualité d’une telle envergure bouleverse leurs organisations ? Quand l’économie des médias impose un rythme de production soutenu, la voix est-elle équitablement donnée à tous·tes les acteur·ices, et sont-ils/elles tous·tes égaux face à une caméra, un micro ?

Dans ce dossier, nous vous proposons de découvrir les défis auxquels font face les journalistes français·es, espagnol·es et italien·nes, dans la couverture d’un événement protéiforme qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans tout le pays.

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