Les 11 commandements de l'État islamique aux journalistes

Le 7 octobre, Syria Deeply, un pureplayer spécialisé dans le conflit syrien, publiait une liste de onze règles édictées par l’État islamique à l’attention des journalistes de la région de Deir-al-Zour. Ignacio Cembrero, du quotidien espagnol El Mundo, spécialiste du djihadisme, décrypte pour La fabrique de l’info ces “Onze commandements” :

La fabrique de l’info : Cette liste aurait été transmise à Syria Deeply par “Amer”, un journaliste local qui a séjourné à Deir al-Zour après que la ville ait été prise par l’État islamique et qui s’est vu remettre le document par le service de presse de l’État islamique. Quel crédit accorder à ce document ? Est-il authentifié ?

Ignacio Cembrero : C’est un problème qui se pose souvent avec les documents de l’État islamique. Je pense que c’est un document qui a une certaine logique. Je pense qu’en effet ils sont derrière, d’autant plus que le site qui l’a publié est assez connu et fiable.

Quel est l’objectif de l’État islamique à travers ce document ?

D’abord c’est un document assez limité vu qu’il ne s’adresse qu’aux journalistes de la région de Deir al Zour (400 000 habitants avant la guerre, aujourd’hui je pense qu’ils sont bien moins nombreux). Je crois que le but c’est de permettre l’exercice d’une certaine activité journalistique mais extrêmement contrôlée, qui puisse servir la propagande de l’État islamique, en tout cas qui ne puisse pas lui nuire. C’est relativement nouveau quand on compare ça à l’Afghanistan des talibans qui ne se sont jamais préoccupés des journalistes (il n’y en avait pas) ou à Al-Qaïda (qui n’a jamais contrôlé un territoire). Ça montre la volonté de l’État islamique de commencer à réguler un certain nombre de choses parce qu’ils essaient de mettre en place les structures d’un État.

Donc l’État islamique ne rejette pas en bloc le journalisme mais il se l’approprie, contrairement à Al-Qaïda…

Al-Qaïda n’a en effet jamais essayé de réguler l’activité des journalistes mais ne l’a jamais rejetée en bloc. Elle a eu des contacts avec des journalistes occidentaux dans des buts très précis mais n’a jamais essayé de réguler l’activité journalistique dans son ensemble. Du côté de Gao, ils ont battu des journalistes parce que ce qu’ils faisaient ne leur plaisait pas, mais ils ne leur ont jamais remis des instructions par écrit.

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Vous avez dit qu’un des buts recherchés c’est d’acquérir les fonctions d’un État. C’est symbolique mais ça compte beaucoup pour l’État islamique, non ?

C’est une façon de dire : "Nous, c’est pas éphémère, nous on est venus pour rester". Ce document n’est pas isolé. Au-delà de dire que la charia est désormais la loi fondamentale de l’État islamique, il y a d’autres documents remis, distribués ailleurs. Par exemple à Mossoul, on a remis aux musulmans un document qui explique comment ils doivent se comporter… Alors il y a des choses en rapport avec la charia (amputation des voleurs, etc.) mais d’autres non : les musulmans doivent prier plutôt ensemble que chacun dans son coin. Ce n’est pas une obligation mais une recommandation. Un autre document donne des consignes sur la façon doit se passer la rentrée scolaire : plus d’école mixte, les professeurs doivent passer un examen devant un juge pour démontrer qu’ils peuvent livrer une éducation religieuse. Pour le moment ce sont des documents provinciaux mais un jour, je présume qu’ils sortiront des documents pour l’ensemble des zones contrôlées par l’État islamique.

N’est-ce pas paradoxal de sortir ces onze règles alors qu’il n’y a plus de journalistes sur place ?

Il reste des journalistes puisque l’un d’entre eux a remis le document à Syria Deeply. Ce n’est pas un document pour les étrangers, il est pour les Syriens (enfin normalement il ne faut plus dire Syriens ou Irakiens puisqu’ils dessinent un nouvel État entre les deux pays). C’est un document qui est intéressant parce qu’il s’intéresse à l’activité de la presse, et parce que les distinctions y sont très intéressantes, notamment entre agences de presse et télévisions arabes.

Si vous le voulez bien, nous allons énoncer les onze règles une par une, et vous nous les commenterez.

1. Les correspondants doivent prêter le serment d'allégeance au calife Abou Bakr al-Baghdadi. Ils sont sujets de l'État islamique et, en tant que tels, sont obligés de prêter serment à leur imam.

De ce fait, les journalistes sont des sujets un peu spéciaux. Je ne pense pas qu’un plombier ou un dentiste doive prêter serment. On veut vraiment qu’ils s’engagent à être fidèles et loyaux envers le calife. Mais cela ne signifie pas du tout que les journalistes étrangers qui viennent travailler dans l’État islamique sont présumés sujets de l’État islamique.

2. Leur travail sera sous la surveillance exclusive des services de presse de l'EI.

En un mot, c’est la censure.

3. Les journalistes peuvent travailler directement avec des agences de presse internationales (comme Reuters, AFP et AP), mais ils doivent éviter toutes les chaînes de télévision par satellite, internationales et locales. Ils n'ont pas le droit de fournir des éléments exclusifs ou d'avoir des contacts (son ou image) avec eux, à quelque titre que ce soit.

C’est l’article le plus intéressant. Le reste, j’aurais pu facilement l’imaginer tout seul dans mon coin. Ils pensent que les agences, quand elles écrivent, sont assez neutres, assez insipides même, et que donc elles peuvent rapporter les choses qui se passent dans l’État islamique d’une manière qui ne va peut-être pas leur nuire directement. En revanche, ils ne font pas confiance aux télévisions satellitaires arabes. Vice News est une exception que je ne suis pas en mesure d’expliquer. Un contact personnel probablement… mais le reportage était malgré tout fortement contrôlé.

4. Les journalistes n'ont pas du tout le droit de travailler avec les chaînes de télévision répertoriées dans la liste noire des canaux luttant contre les pays islamiques (comme Al-Arabiya, Al Jazeera et Orient). Les contrevenants seront tenus responsables.

Ce sont trois chaînes arabes, dont deux du golfe. Al-Arabia est une chaîne des Émirats Arabes Unis mais à capital proche de l’Arabie Saoudite, et Al-Jazeera est une chaîne du Qatar. Orient est libanaise mais dont les capitaux sont sunnites. Ils font davantage confiance aux agences de presse des pays de la coalition anti-État islamique qu’aux télévisions des frères arabes et sunnites.

5. Les journalistes peuvent couvrir des événements dans le gouvernorat avec des articles ou des photos sans devoir consulter le service de presse de l'État islamique. L'ensemble des articles et des photos publiés doivent porter le nom du journaliste et du photographe.

La photo était interdite dans le régime taliban d’Afghanistan. On pouvait prendre des arbres ou des fleurs, mais pas des gens ou des bâtiments. C’est le seul cas dans l’histoire récente. Ici, ce n’est pas le cas, par contre tout doit être clairement identifié. Ils veulent à tout moment savoir qui est l’auteur de cet écrit, qui a pris cette photo, pour pouvoir le rappeler à l’ordre si besoin. La photo et la vidéo sont très répandues. N’importe quel journaliste accrédité peut prendre des photos dans la rue.

6. Les journalistes ne peuvent sortir aucun reportage (papier ou vidéo) sans consulter le service de presse de l'État islamique en premier lieu.

Cet article nuance l’article précédent. Mon interprétation personnelle, c’est que quand il s’agit de travaux plus élaborés, il faut se soumettre à la censure préalable. Pas besoin pour rendre compte de ce qui se passe au jour le jour. Quitte à en répondre ensuite.

7. Les journalistes peuvent avoir leurs comptes de médias sociaux personnels et les utiliser pour diffuser des informations et des photos. Le service de presse de l'État islamique doit cependant avoir les adresses et les noms de ces comptes et pages.

8. Les journalistes doivent respecter la loi lorsqu'ils prennent des photos sur le territoire de l'État islamique et éviter de filmer les endroits ou les événements sécurisés où il est interdit de prendre des photos.

Ce type de règle existe aussi en Europe (on ne peut pas prendre des photos partout dans un aéroport par exemple). C’est le seul point qui n’est pas vraiment choquant.

9. Les services de presse de l'État islamique assureront un suivi du travail des journalistes locaux au sein du territoire de l'État islamique et dans les médias nationaux. Si un journaliste enfreint les règles en vigueur, il sera suspendu de ses fonctions et sera tenu responsable.

C’est ambigu. Je ne vois pas comment appliquer la charia quand il s’agit de journalistes puisqu’au temps du prophète il n’y avait pas vraiment de presse. Il n’y a pas non plus de code pénal ou de code de la presse… Cela reste au bon vouloir des autorités locales. Elles sont une large latitude pour punir le journaliste qui a enfreint les règles.

10. Les règles ne sont pas définitives et peuvent changer à tout moment selon les circonstances, le degré de coopération des journalistes et leur engagement envers leurs homologues des services de presse de l'État islamique.

Cela n’a rien à voir avec les textes qui régulent l’activité de la presse dans les pays occidentaux. Ce texte a probablement été rédigé à la va-vite et moins les journalistes coopèreront, plus elles seront durcies.

11. Les journalistes reçoivent une licence pour effectuer leur travail après avoir envoyé une demande au service de presse de l'État islamique.

Autrement dit, il faut s’accréditer.

Y a-t-il des journalistes qui acceptent d’ores et déjà de se prêter à ces règles ?

Je ne pense pas. Pas encore. Ce qu’on sait de l’État islamique nous vient de vidéos prises par des gens dans la rue avec leurs portables, des réfugiés qui parlent quand ils sortent, du téléphone si on a des contacts sur place. Mais j’entrevois que d’ici quelques semaines ou d’ici quelques mois, les agences de presse internationales pourront avoir des pigistes à Raqqah, Deir al Zour, Mossoul… C’est une possibilité qu’entrevoient ces règles qu’on a passées en revue.

Cela nuirait à la distance critique qui est une exigence pour tout journaliste…

Certes ne pourront pas se livrer à des articles de fond ou a des analyses, mais ils rapporteront probablement des faits bruts, ce qu’a pu décider la municipalité de Raqqah ou tel ou tel émir dans tel ou tel endroit…

 

Propos recueillis par Youshaa Hassenjee et Jade Lemaire.

Dessin de Valentin Pasquier.

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